STYLE DE VIE

En quête de... silence !

 

Dans une course en avant effrénée, notre société de consommation nous incite à tout remplir, meubler, optimiser : l’espace qui nous entoure, le temps qui passe et même le champ sonore. Au point qu’on en oublierait presque la valeur du silence. Et si l’on faisait une pause ?

PAR FRANÇOIS STAGNARO

 

Le silence ? Beaucoup le recherchent, mais en réalité, il n’existe pas. Ou pas dans sa forme absolue, définie comme l’absence de bruit. Tout est question de contrastes : pour peu qu’ils soient équipés d’une isolation phonique performante, les riverains d’une autoroute ou d’un aéroport auront ainsi une sensation de silence en fermant leur fenêtre. Pour autant, leur domicile reste empli d’une multitude de sons, choisis ou non, et plus ou moins intrusifs. À notre époque d’hyperconnexion, les sollicitations sonores sont innombrables : musique, télévision, radio, smartphones, ordinateurs, consoles de jeux... La mobilité des moyens de communication nous permet aussi de déporter dans l’espace public une multitude d’échanges qui, auparavant, étaient réservés à la sphère privée.

 

Génération open space

Quant aux bureaux, la plupart sont désormais organisés en open spaces, avec des avantages en termes de communication et, surtout, de coût de l’immobilier, mais aussi beaucoup d’inconvénients s’agissant de concentration et d’efficacité. Une enquête Ifop/Journée nationale de l’audition publiée en octobre dernier établit ainsi que 89 % des personnes de 18 à 35 ans interrogées seraient gênées par le bruit sur leur lieu de travail, tandis que 42 % des actifs déclarent perdre du temps tous les jours à cause du bruit. Un taux qui monte à 55 % chez les cadres et professions intellectuelles. Pourtant, très peu d’études parviennent à mesurer la perte de productivité et d’efficacité des équipes en open spaces par rapport aux bénéfices économiques d’une telle organisation de l’espace (très palpables car calculés, eux, en gains sur les surfaces immobilières). Dans ce cadre, les échanges et la communication peuvent se transformer en agressions sonores, que des dispositifs palliatifs comme les « bulles » ou les espaces de détente et d’isolement ne parviennent à compenser que partiellement.

 

© DEMAERRE

N°11 - AVRIL - JUIN 2017

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