STYLE DE VIE

Habiter autrement :
les nouveaux logements

 

Notre habitat devient écologique, nomade et pluriel,  avec un ancrage dans le monde qui traduit de plus en plus un véritable choix de vie. Décryptage.

PAR ROMY DUCOULOMBIER

 

L’habitat ne cesse de varier ses expressions au fil des siècles. Il se renouvelle avec les techniques et les contraintes du moment, les aspirations de la population et les architectes de son temps. Certains d’entre eux ont d’ailleurs marqué notre patrimoine avec des réalisations très décalées pour leur époque. Ainsi, face à la baie de Cannes, dans le massif de l’Estérel, une maison aux modules sphériques et aux larges hublots est sortie de terre dans les années quatre-vingt. C’est le Palais Bulles, œuvre de l’architecte Antti Lovag, acquis par le couturier et mécène Pierre Cardin en 1992. Un ensemble organique de 1 200 m2 qui crée la surprise en s’affranchissant des angles et en s’inspirant de l’environnement. À Nanterre, en banlieue parisienne, les tours Aillaud, bâties dans les années 70 autour de plans inspirés de nuages et parées de fenêtres en forme de gouttes, sont recouvertes de mosaïques de Fabio Rieti évoquant un horizon nuageux. L’architecte Émile Aillaud entendait « effacer les traces »… Difficile, pourtant, d’ignorer leur présence ! Sorte de laboratoire pour un nouveau « système d’habitat », la Cité Radieuse, à Marseille, construite par Le Corbusier après la Seconde Guerre mondiale, est décrite comme une ville verticale de 56 mètres de hauteur. Des commerces, une piscine, un hôtel, une école maternelle et même un centre d’art contemporain y cohabitent. Une « ville dans la ville » qui esquisse un modèle, plus contemporain, de logements collectifs : l’habitat coopératif. Prototype du genre, l’immeuble écologique du Village Vertical, à Villeurbanne (Rhône), a été conçu par ses propres habitants. Certains espaces de vie (terrasse, laverie, chambre d’amis) sont mutualisés et chacun participe à la gestion quotidienne du bâtiment. Face à la flambée des prix de l’immobilier et à la crise du logement, ce type de « cohabitat » tend à se démocratiser.

 

Le réemploi, nouveau pilier des logements

Autre tendance, dans le secteur de la construction, l’upcycling consiste à donner une seconde vie aux matériaux plutôt que de s’en débarrasser. Ce qui a pour effet vertueux de générer moins de pollution et de déchets. À Bruxelles, par exemple, 3 000 anciennes fenêtres en chêne, récupérées dans l’ensemble des États membres, composent la façade du siège du Conseil de l’Union européenne. À Saint-Denis, le bardage destiné à l’origine à un centre commercial de Disneyland Paris enveloppe désormais l’Académie nationale contemporaine des arts du cirque - Fratellini. À Madrid, des tuiles sauvées de la décharge par un architecte et ses ouvriers font maintenant office de cloisons design pour un lieu culturel d’avant-garde dans d’anciens abattoirs de la ville. En France, le constructeur de maisons bioclimatiques NaturaDream a, pour sa part, imaginé une structure qui repose sur une arche végétalisée : le NaturaDome.

 

DR

N°10 - JANVIER - MARS 2017

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